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Répulsifs anti-tiques : DEET, icaridine, IR3535

13 mai 2026

Chaque printemps et chaque été, la question revient dans les rayons des pharmacies : quel répulsif choisir pour se protéger des tiques ? Derrière les noms peu évocateurs de DEET, icaridine ou IR3535 se cachent trois familles de substances actives évaluées par les autorités sanitaires européennes et françaises. Toutes trois sont efficaces contre les tiques, mais elles ne se valent pas pour tous les profils et toutes les situations.

Cet article fait le point sur ce que l'on sait de chaque molécule, leurs conditions d'utilisation recommandées, et comment s'y retrouver au moment de choisir. Les concentrations précises et les contre-indications médicales détaillées relèvent de votre médecin ou pharmacien : nous renvoyons vers les fiches officielles pour ces informations.

⚕️ Information à but informatif. Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes (érythème migrant, fièvre, fatigue, douleurs articulaires), consultez rapidement un médecin.

Les répulsifs cutanés anti-tiques : de quoi parle-t-on ?

Un répulsif cutané est un produit appliqué sur la peau ou les vêtements pour éloigner les arthropodes piqueurs, sans les tuer. La différence avec un insecticide est importante : un répulsif crée une barrière olfactive ou chimique qui perturbe la capacité de la tique (ou du moustique) à localiser son hôte. Il ne garantit pas une protection absolue, mais réduit significativement le risque de piqûre lorsqu'il est appliqué correctement.

En France et en Europe, quatre substances actives sont officiellement reconnues efficaces contre les insectes et arachnides piqueurs : le DEET, l'icaridine (aussi appelée picaridine ou KBR 3023), l'IR3535 et le citriodiol (extrait d'eucalyptus citronné). Les trois premières font l'objet de cet article car ce sont celles que l'on trouve le plus souvent en pharmacie sous forme de sprays, lotions ou roll-on spécifiquement indiqués contre les tiques.

Ces produits sont classés comme biocides en Europe (règlement UE 528/2012) et doivent disposer d'une autorisation de mise sur le marché. Pour vérifier si un produit est autorisé, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) publie les listes officielles des produits autorisés en France.

Le DEET : la référence la plus documentée

Le DEET (N,N-diéthyl-méta-toluamide) est la substance répulsive la mieux documentée au monde, avec plusieurs décennies d'études disponibles. Mis au point dans les années 1940 par l'armée américaine, il reste aujourd'hui la molécule de référence pour les situations d'exposition intense.

Efficacité contre les tiques

Le DEET est efficace contre une large gamme d'arthropodes piqueurs, y compris les tiques du genre Ixodes, principaux vecteurs de la maladie de Lyme en France. À des concentrations élevées (autour de 30 à 50 %), des études en conditions de laboratoire montrent des durées de protection de 6 à 8 heures contre les moustiques ; la durée contre les tiques est généralement plus courte dans les conditions réelles d'exposition, en raison des facteurs environnementaux (transpiration, pluie, frottement).

Précautions d'usage

Le DEET peut endommager certaines matières plastiques et synthétiques (lentilles de contact, montres, lunettes avec montures en plastique). Il est irritant pour les yeux et les muqueuses. Chez l'enfant, l'âge minimal et le nombre d'applications par jour figurent sur l'étiquette du produit, qui fait foi ; avant 6 mois, aucun répulsif cutané n'est recommandé. Pour les jeunes enfants, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, et consultez les Recommandations sanitaires aux voyageurs du HCSP ou le site de l'ANSES.

Grossesse et allaitement

Selon le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes), le DEET est le répulsif ayant le plus important recul d'utilisation chez la femme enceinte, et aucun effet malformatif attribuable au DEET n'est retenu à ce jour dans les études disponibles. Pendant la grossesse, demandez dans tous les cas conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant d'utiliser un répulsif.

L'icaridine : efficace et bien tolérée

L'icaridine (picaridine, KBR 3023) est une molécule synthétique développée par Bayer dans les années 1980. Elle présente un profil de tolérance cutanée généralement meilleur que le DEET : elle n'abîme pas le plastique, est moins grasse et son odeur est plus discrète.

Efficacité contre les tiques

À des concentrations de 20 à 25 %, l'icaridine offre un large spectre de protection contre les moustiques et les tiques. Sa durée de protection effective est comparable à celle du DEET à concentration équivalente, selon les données disponibles. Elle est évaluée positivement dans le cadre du programme européen d'évaluation des biocides.

Usage chez les enfants et femmes enceintes

Comme pour les autres substances, l'âge minimal et le nombre d'applications figurent sur l'étiquette du produit autorisé (AMM). Pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, demandez conseil au médecin ou au pharmacien ; le CRAT publie des fiches sur l'usage des répulsifs pendant la grossesse.

Avantages pratiques

  • Ne détériore pas les matières synthétiques (plastiques, textiles techniques)
  • Moins irritant pour la peau que le DEET
  • Odeur moins prononcée
  • Formulations disponibles en spray, lotion et roll-on en pharmacie française

L'IR3535 : une option bien tolérée

L'IR3535 (3-[N-butyl-N-acetyl]-aminopropionic acid ethyl ester) est une molécule de synthèse développée par Merck. Son nom évoque un code chimique abscons, mais il fait partie des substances actives autorisées dans les répulsifs cutanés.

Efficacité contre les tiques

L'IR3535 est efficace contre les tiques, les moustiques et d'autres insectes piqueurs. En conditions de laboratoire, sa durée de protection est en général plus courte que celle du DEET aux concentrations courantes ; sa tolérance cutanée est bonne.

Usage chez les nourrissons et jeunes enfants

Avant 6 mois, aucun répulsif cutané n'est recommandé : on protège le bébé par des vêtements couvrants et une moustiquaire. Au-delà, l'âge minimal et le nombre d'applications dépendent du produit et figurent sur son étiquette ; demandez conseil au médecin ou au pharmacien, car les formulations varient.

Grossesse et allaitement

Pour les femmes enceintes, le choix du répulsif se fait avec le médecin ou le pharmacien, en s'appuyant sur les Recommandations sanitaires aux voyageurs du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et sur les fiches du CRAT.

Comparatif synthétique des trois substances

Pour faciliter la lecture, voici les principaux éléments de comparaison. Ces indications sont d'ordre général : les concentrations autorisées et les recommandations spécifiques par tranche d'âge figurent dans les notices des produits AMM et sur les sites officiels de l'ANSES et de Vidal.

CritèreDEETIcaridineIR3535
Efficacité tiquesTrès bonneTrès bonneBonne
Durée protectionLongue (conc. élevées)LongueModérée à bonne
Âge minimalVoir l'étiquetteVoir l'étiquetteVoir l'étiquette
GrossesseAvis médecin ou pharmacienAvis médecin ou pharmacienAvis médecin ou pharmacien
Matières plastiquesPeut les endommagerSans effetSans effet
Tolérance cutanéeCorrecteBonneTrès bonne

Comment bien appliquer un répulsif anti-tiques ?

L'efficacité d'un répulsif dépend autant de sa composition que de son application. Quelques règles à respecter :

  • Appliquer sur les zones de peau exposées : chevilles, mollets, avant-bras, nuque. Ne pas oublier les zones de passage des tiques (chevilles, creux des genoux).
  • Ne pas appliquer sur les mains des jeunes enfants pour éviter tout contact avec les yeux ou la bouche.
  • Éviter les yeux, les lèvres, les plaies et les zones irritées.
  • Ne pas vaporiser directement sur le visage : appliquer sur les mains puis tamponner sur la peau en évitant le contour des yeux.
  • Renouveler l'application selon la durée indiquée sur le produit, la transpiration et l'exposition à la pluie.
  • Laver les zones traitées au savon après le retour à l'intérieur.

L'association d'un répulsif cutané avec des vêtements couvrants et clairs constitue la protection la plus complète. Les répulsifs sur la peau couvrent les zones non protégées par les vêtements ; les vêtements longs, pantalon rentré dans les chaussettes, compliquent l'accès des tiques à la peau. L'imprégnation des vêtements à la perméthrine n'est pas recommandée par la HAS (2025).

Produits disponibles en pharmacie française

En France, les répulsifs homologués contre les tiques se trouvent principalement en pharmacie et parapharmacie. Parmi les marques couramment disponibles :

  • Insect Écran (contient du DEET ou de l'icaridine selon la formulation, gamme Famille et Zones Infestées)
  • Cinq sur Cinq Tropic (DEET, gamme Tropic notamment)
  • Apaisyl Répulsif et formulations similaires (IR3535 ou icaridine)
  • Mousticologne / Moustimug (IR3535)

Lire systématiquement la notice avant l'achat et vérifier l'indication explicite contre les tiques, l'âge minimal d'utilisation et la concentration en substance active. Un pharmacien peut vous orienter vers le produit adapté à votre profil familial.

Pour consulter les autorisations officielles, le moteur de recherche des biocides de l'ANSES permet de vérifier les produits autorisés en France. Les recommandations générales du guide sur les répulsifs cutanés de l'ARS PACA (valables au niveau national) offrent également un résumé pratique.

Questions fréquentes

Quel répulsif choisir pour une randonnée en forêt en France ?

Pour un adulte en bonne santé, l'icaridine à 20-25 % ou le DEET à concentration modérée constituent de bons choix pour une sortie de quelques heures. Pour les jeunes enfants et les femmes enceintes, demandez conseil au médecin ou au pharmacien et respectez l'âge minimal indiqué sur l'étiquette ; avant 6 mois, pas de répulsif cutané. Associez toujours le répulsif à des vêtements couvrants.

Le répulsif remplace-t-il les vêtements longs ?

Non, les deux mesures sont complémentaires. Un répulsif cutané protège les zones de peau exposée mais ne peut pas couvrir tout le corps. Les vêtements constituent une barrière physique sur les zones couvertes. L'association des deux est recommandée par les autorités sanitaires.

Peut-on utiliser un répulsif anti-moustiques contre les tiques ?

Les substances actives (DEET, icaridine, IR3535) agissent contre les deux. Vérifiez cependant que la mention « tiques » figure bien sur l'étiquette du produit : certaines formulations pour moustiques sont diluées à des concentrations qui peuvent être insuffisantes pour les tiques. Les produits spécifiquement formulés contre les tiques ou à double indication sont préférables.

Combien de fois par jour peut-on appliquer un répulsif ?

Cela dépend de la substance et de l'âge. Le nombre maximal d'applications par jour figure sur l'étiquette de chaque produit autorisé, et il est plus restrictif pour les enfants. Consulter la notice du produit et les recommandations de l'ANSES.

Un répulsif suffit-il à prévenir la maladie de Lyme ?

Un répulsif réduit le risque de piqûre de tique, ce qui réduit indirectement le risque de transmission de la borréliose de Lyme. Mais aucun répulsif n'est efficace à 100 %. L'inspection corporelle systématique après chaque sortie reste indispensable : une tique retirée dans les premières heures après fixation transmet beaucoup moins le risque d'infection. Consultez cartetiques.fr pour connaître les niveaux de risque par région.

Les répulsifs naturels (huile essentielle de citronnelle, etc.) sont-ils efficaces contre les tiques ?

Les répulsifs à base de plantes (citronnelle, lavande, menthe poivrée) ne font pas partie des substances officiellement reconnues efficaces contre les tiques par les autorités européennes. Ils peuvent avoir un effet éphémère sur les moustiques dans certaines conditions, mais ne constituent pas une protection fiable contre les tiques. Le citriodiol (extrait d'eucalyptus citronné) est la seule substance d'origine naturelle évaluée positivement, mais ses données contre les tiques sont plus limitées. Pour une protection efficace contre les tiques, s'en tenir aux substances autorisées (DEET, icaridine, IR3535 ou PMD/citriodiol).

Comment stocker et éliminer les répulsifs ?

Conserver les flacons à l'abri de la chaleur et hors de portée des enfants. Les flacons entamés relèvent des déchets dangereux des ménages : déposez-les en déchetterie plutôt qu'à la poubelle ordinaire, en suivant les consignes de tri indiquées sur l'emballage. Ne pas vider le contenu dans l'évier ou dans les eaux de surface.

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