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Zones à haut risque en France : quelles régions sont les plus infestées de tiques ?

5 octobre 2026

Chaque année en France, plusieurs dizaines de milliers de personnes contractent la borréliose de Lyme après une piqûre de tique. En 2024, Santé publique France estimait à 35 147 le nombre de cas diagnostiqués en médecine de ville, soit un taux national de 53 cas pour 100 000 habitants. Derrière cette moyenne nationale se cachent des disparités régionales très marquées : dans certaines zones, le taux d'incidence dépasse 100 cas pour 100 000 habitants, quand d'autres territoires restent nettement en dessous de 50.

Quelles régions de France sont les plus touchées par les tiques ?

Les données épidémiologiques de Santé publique France désignent systématiquement les mêmes territoires comme étant les plus exposés.

  • Grand Est (et ses anciennes composantes Alsace et Lorraine) : c'est la région qui concentre le plus grand nombre de signalements. L'Alsace et la Lorraine affichent des taux d'incidence parmi les plus élevés de France métropolitaine, souvent supérieurs à 100 cas pour 100 000 habitants. Les forêts de feuillus des Vosges, très fréquentées par les promeneurs, constituent un habitat idéal pour les tiques.
  • Auvergne-Rhône-Alpes : la région figure régulièrement parmi les plus infestées. Le Rhône-Alpes historique contribue fortement à cette statistique, notamment grâce à la présence de vastes massifs forestiers et de prairies humides à moyenne altitude.
  • Bourgogne-Franche-Comté : les forêts denses du Morvan et du Jura créent des conditions très favorables au développement de Ixodes ricinus, la tique vectrice principale en France. Les taux d'incidence y sont régulièrement élevés.
  • Nouvelle-Aquitaine : avec l'ancien Limousin, cette grande région présente également des incidences élevées. Le massif forestier des Landes abrite aussi des populations de tiques importantes.
  • Centre-Val de Loire : la Sologne, territoire de landes humides et de forêts de pins, est reconnue comme un foyer à risque, en particulier pour les chasseurs et les randonneurs.

À l'inverse, les régions méditerranéennes (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie littorale) et une partie du Grand Ouest présentent des taux d'incidence plus faibles, inférieurs à 50 cas pour 100 000 habitants. La sécheresse estivale et l'absence de sous-bois humides y limitent la survie des tiques.

Pourquoi ces régions sont-elles plus infestées ?

La présence de tiques n'est pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs géographiques et climatiques expliquent la concentration du risque dans certaines zones.

L'humidité et la couverture forestière

La tique Ixodes ricinus a besoin d'un taux d'humidité élevé pour survivre. Elle se déshydrate et meurt rapidement dans des conditions sèches. Les forêts de feuillus (chênaies, hêtraies) offrent un microclimat frais et humide en toutes saisons. Le sous-bois, la litière de feuilles mortes et les herbes hautes constituent son habitat de prédilection.

La présence de grands mammifères

Les tiques ont besoin d'hôtes pour se nourrir : chevreuils, cerfs, sangliers, mais aussi souris et mulots pour les stades larvaires et nymphaux. Les régions forestières à forte densité de gibier voient leurs populations de tiques croître en conséquence. Le cerf et le chevreuil sont les hôtes préférentiels des tiques adultes.

L'altitude

Les tiques sont actives principalement en dessous de 1 500 mètres d'altitude. Les zones de moyenne montagne, entre 200 et 1 200 mètres, combinent souvent couverture forestière, humidité et densité de gibier : c'est à cette altitude que le risque est souvent maximal.

Le réchauffement climatique

Des travaux récents montrent que le réchauffement climatique amplifie le risque. Des hivers moins rigoureux permettent aux tiques de rester actives plus longtemps dans l'année et d'étendre leur aire de distribution vers le nord et vers des altitudes plus élevées. Des régions jusqu'ici peu concernées pourraient connaître une hausse de leur pression tique dans les prochaines décennies.

À quelle période de l'année le risque est-il le plus élevé ?

Les tiques sont présentes tout au long de l'année, mais leur activité suit un double pic saisonnier bien documenté.

  • Printemps (avril-juin) : c'est la période de plus forte activité. Les nymphes, stade particulièrement dangereux car difficile à détecter en raison de leur petite taille, sont très abondantes.
  • Automne (août-octobre) : un second pic se produit à la faveur des températures plus douces après l'été. Les adultes sont alors plus actifs et cherchent à se nourrir avant l'hiver.

L'été chaud et sec peut réduire temporairement l'activité des tiques, mais ne supprime pas le risque : les zones ombragées et humides restent des foyers actifs même en juillet-août.

Quel pourcentage de tiques est porteur de la bactérie Lyme ?

Toutes les tiques ne transmettent pas la maladie de Lyme. Selon les données du programme CiTIQUE, environ 15,4 % des tiques analysées en France métropolitaine sont porteuses de Borrelia burgdorferi sensu lato, la bactérie responsable de la borréliose de Lyme. Ce taux varie selon les régions et les habitats : dans certains foyers forestiers du Grand Est ou du Massif central, il peut être nettement supérieur à cette moyenne.

Par ailleurs, une tique infectée ne transmet pas nécessairement la bactérie immédiatement : le risque de transmission augmente avec la durée d'attachement, en général après 24 à 48 heures de fixation. Un retrait rapide reste donc l'une des mesures de prévention les plus efficaces.

Que faire avant de se rendre dans une zone à risque ?

Connaître le niveau de risque de sa région ne dispense pas de prendre des précautions systématiques. Voici les gestes recommandés par les autorités sanitaires.

  • Porter des vêtements couvrants (pantalon rentré dans les chaussettes, manches longues) de préférence de couleur claire pour repérer les tiques plus facilement.
  • Appliquer un répulsif cutané homologué contenant du DEET ou de l'icaridine sur les zones exposées.
  • Rester sur les sentiers balisés et éviter les herbes hautes, la litière forestière et les fougères.
  • Inspecter minutieusement son corps au retour, en particulier les zones de plis : aisselles, derrière les genoux, nuque, aine, nombril et cuir chevelu.
  • En cas de piqûre, retirer la tique le plus rapidement possible avec un tire-tique en tournant (ou à défaut une pince fine), sans écraser son corps, désinfecter, puis surveiller l'apparition d'un érythème migrant (rougeur en forme d'anneau) pendant 4 semaines.

Questions fréquentes

Quelle est la région française la plus touchée par les tiques ?

Le Grand Est est la région qui enregistre le plus grand nombre de cas de maladie de Lyme en France. Les anciennes régions Alsace et Lorraine affichent des taux d'incidence régulièrement supérieurs à 100 cas pour 100 000 habitants, soit deux fois la moyenne nationale. La densité forestière des Vosges et la présence de nombreux cervidés expliquent en grande partie cette situation.

Les parcs urbains et les jardins sont-ils aussi concernés ?

Oui. Les tiques ne se limitent pas aux grandes forêts. Elles peuvent être présentes dans les jardins privés, les parcs périurbains ou les haies, dès lors qu'il existe une végétation suffisamment humide et des petits mammifères (hérissons, rongeurs) qui servent d'hôtes. En zone périurbaine, la vigilance reste donc de mise, même sans randonner en forêt.

Le risque est-il identique pour les animaux de compagnie ?

Les chiens et les chats sont exposés aux piqûres de tiques au même titre que les humains, et peuvent contracter des maladies vectorielles comme l'ehrlichiose ou la piroplasmose. Il est recommandé de les traiter avec un antiparasitaire adapté, prescrit par un vétérinaire, et de les examiner après chaque sortie en zone à risque.

Un vaccin contre la maladie de Lyme existe-t-il en France ?

À ce jour, aucun vaccin contre la maladie de Lyme n'est disponible pour l'être humain en France. Des essais cliniques sont en cours au niveau européen et américain, mais la prévention repose encore exclusivement sur la protection physique, les répulsifs et le retrait rapide des tiques.

Comment savoir si la tique qui m'a piqué était infectée ?

Vous pouvez envoyer la tique au programme de recherche CiTIQUE, qui collecte des données citoyennes sur les piqûres en France, mais il ne rend pas de résultat individuel. De plus, même une analyse de la tique ne tranche pas : un résultat négatif ne garantit pas l'absence de transmission, et un résultat positif ne signifie pas systématiquement que la bactérie a été transmise. En cas de doute, consultez votre médecin généraliste. La HAS ne recommande pas d'antibiothérapie préventive après une piqûre : c'est l'apparition d'un érythème migrant ou d'autres symptômes qui justifie un traitement.

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